Utilité réelle de Facebook…

Bonjour

Dans cet article, je souhaite simplement expliquer les raisons pour lesquelles j’ai décidé de supprimer Facebook.

Tout d’abord, je précise que j’ai été sur Facebook de très nombreuses années, et que j’ai utilisé mon compte de manière intensive. J’étais réellement accro. J’ai essentiellement utilisé Facebook pour publier des liens vers des vidéos de musique metal, mais également pour évoquer des sujets qui m’intéressaient et j’argumentais parfois longuement, sur des positions qui au final n’avaient aucune raison d’intéresser beaucoup de monde. Je pense avoir tout de même conservé une certaine retenue par rapport au nombre de mes contacts, qui sont restés des gens que je rencontrais par ailleurs. J’ai veillé à ne pas raconter de choses vraiment trop personnelles .

Facebook présente des défauts importants. Parmi ces défauts, il y a ceux, que l’on perçoit instinctivement, qui sont liés à l’absence de protection de la vie privée. Concernant cette aspect précis de Facebook (et aussi de Gmail), Julien Vaubourg en parle infiniment mieux que moi dans la vidéo Rien à Cacher. Je vous invite donc à revoir sa vidéo. A noter que si Facebook et Gmail ont collaboré avec la NSA, ce ne fut (apparemment) pas le cas de Twitter.

Facebook a cette particularité de nous amener à croire que ce que nous partageons intéresse du monde, parce que nos contacts vont valider le « j’aime » lié à la publication. De la même manière, on se dit que l’on a fait un flop si personne ne valide la publication. Je crois que cette idée est fausse dans la mesure où l’on va plus facilement montrer que l’on aime une vidéo qui ne sera pas polémique (sera-t-elle pour autant intéressante ?). Sur Facebook, on va donc chercher à contrôler ce que l’on va publier. Il n’y a pas ce relâchement tellement agréable que permet la conversation privée avec un ami dont les réactions (et les sujets à éviter) sont connues.

Il existe une différence fondamentale entre un commentaire publié sur un mur FB, que l’on peut assimiler à un commentaire dans un lieu public (dont l’audience sera eventuellement limitée par des paramètres de confidentialité restreints) et une communication privée.  Pourquoi ne retrouve-t-on que des publications banales sur FB ? Parce que c’est un lieu public. Et à cause de cette caractéristique, les utilisateurs de FB n’ont aucun avantage à raconter des choses vraiment personnelles, ni à publier des liens polémiques sur leur « mur ». Quel sens peut-il y avoir à presenter publiquement ses problèmes ? Facebook a-t-il comme fonction de réaliser une psychothérapie de groupe ? A priori non ….  Il me semble que si l’on a besoin d’apaiser une émotion, c’est l’épaule d’un confident que l’on cherchera. Par ailleurs, si l’on veut diffuser une « information » que l’on considérera comme administrative (censée ne provoquer aucune émotion chez ses contacts), quel intérêt peut bien présenter une telle information sur un réseau social fréquenté par des gens continuellement incités à développer leur notoriété ? Définitivement, 2 personnes vont s’accorder mutuellement de la confiance parce qu’elles vont correspondre sur des sujets intimes (secrets), donc privés.

Le concept de Facebook a vraiment quelque chose de bizarre dans le sens où les utilisateurs sont incités à parler beaucoup, à se mettre en avant le plus possible et ceci de manière uniquement quantitative. Sur Facebook, on sera populaire parce qu’on aura un nombre important de contact, et un nombre important de publications appréciées. Il y a une singulière contradiction à vouloir multiplier le nombre de ses publications au sein d’un réseau social qui aura tendance à les faire disparaître rapidement, sans aucune forme de sélection. Combien de publication faut il faire pour ne pas être noyé dans la masse ? Combien de temps est on prêt à passer sur FB pour demeurer visible ?

Quand on se connecte au « fil d’actualité » on accède immédiatement à une liste de publication faites par des gens qui sont à la fois présents et actifs sur FB… pourquoi ces gens là devraient occuper nos pensées immédiates ? C’est totalement injuste vis à vis des personnes absentes de FB. Je suis heureux de rejoindre cette catégorie car je refuse, de facto, qu’une personne soit mécaniquement effacée de mon esprit parce que son nom n’apparaît pas dans un fil d’actualité que l’on m’a éduqué à consulter 5 fois par jour. C’est moi qui décide quelles sont les personnes qui comptent dans ma vie, pas un réseau social. Certaines personnes sont là quand on a besoin d’elles et discrètes le reste du temps, il s’agit là simplement d’un trait de timidité qui peut aussi révéler des qualités d’écoute.

Il y a toutefois un point sur lequel je trouvais un avantage réel à être sur FB, c’est parce que ce réseau social permet le partage d’une passion, comme la musique ou le cinéma par exemple. Finalement, je pense que même ce type d’échange n’est pas aussi anodin que ça, car il se fait au sein d’une application qui met les individus en concurrence. La communication sur FB par définition ne s’adressant pas à un destinataire unique, elle conservera toujours cet aspect malsain de « mise en avant » de l’individu devant un groupe. Je préfère un forum privé, centré sur un sujet, pour effectuer ce partage de publication.

Pour finir, il y a les gens comme moi,  qui n’avait pas compris que FB n’a comme objectif exclusif que de « faire parler » les internautes pour leur montrer un maximum de publicités « ciblées ». J’étais dans l’erreur la plus complète lorsque je pensais qu’il pouvait y avoir une utilité quelconque à parler d’un sujet sérieux sur FB car il est centré autour de l’ego de ses membres et pas autour de sujets précis. Ainsi, la publication d’une blague sera référencée par le moteur de recherche avec le même niveau d’importance qu’un commentaire travaillé. Facebook n’est pas non plus un outil d’information ou de lutte, même s’il  y circule des pétitions diverses. S’informer doit être la conséquence d’un effort de recherche, car ce n’est qu’en confrontant des opinions opposées que l’on s’informe réellement. Et ce sont les informations que l’on aura cherché à obtenir qui vont réellement retenir notre attention, pas celles qui nous viennent suite à des notifications automatiques. Il me semble que pour réfléchir correctement, c’est la recherche d’informations ciblées, autour de sujets dont on se préoccupe, qui doit être privilégiée. L’accès automatique à des informations sans relation les unes avec les autres ne peuvent qu’empêcher de se concentrer.

Bref, j’ai fermé Facebook parce que ce truc n’apporte rien de plus, au niveau de la communication et du partage, que ce qui existait avant lui… Je ne vois qu’une perte d’énergie à gérer une communication publique ou tout au moins sans destinataires alors qu’il existe la communication privée, qui peut se faire en face à face, au téléphone, par mail, et même par courrier papier.  Je ne regrette nullement d’avoir fermé ce compte dont l’existence n’avait plus le moindre sens pour moi.

La prochaine fois c’est promis je ferai plus court…

Bien à vous.

Benj

12 commentaires à propos de “Utilité réelle de Facebook…”

    • Niveau sécurité, c’est difficile de faire mieux que publier des articles sur le serveur de mon vieux pote Franz. Effectivement, on se sent au chaud !

  1.  » parce que ce truc n’apporte rien de plus, au niveau de la communication et du partage, que ce qui existait avant lui »

    C’est precisement pourquoi Facebook va mourir, à moins qu’il ne mute. Car facebook a deja existé, avec d’autres technologies. Elles elles n’existent plus aujourd’hui.

    Je suis sur facebook. Je regarde. Point.

    T’inquiete benj, tu pourra toujours parler avec moi, meme via des pigeons.

    Afficher l’historique des mails

  2. Bonjour Monsieur.

    Très bonne synthèse sur un outil chronophage juste bon à maintenir artificiellement des pages de publicité et bien entendu où tous les éléments affectifs indispensables à la vraie communication sont supprimés.

    Bonne chance.

    JM

  3. Bonjour, Je viens de lire votre lettre concernant Facebook. Je suis en accord avec ce que vous dites. Je me pose vraiment qu’elle est l’intérêt de Facebook dans notre société. Je pensais que les gens utiliseraient ce moyen de communication pour commenter davantage. Bien non, les gens clique J’aime et c’est fini. Oui, parfois on peut cliquer mais c’est à se demander parfois…c’est quoi ton opinion. Je me demande aussi comment une personne peut avoir des centaines d’amis et interagir avec ceux-ci.

    Merci

    Michel

    • Il existe un réseau social, qui fonctionne plutôt comme vous le décrivez, celui-ci s’appelle Diaspora*, il n’est pas centralisé, était plutôt réservé à une poignée de geeks jusqu’à il n’y a pas si longtemps, mais qui commence à s’ouvrir sur le monde, et en France notamment grâce au serveur mis en place par Framasoft, l’instance Diaspora* de Framasoft s’appelle Framasphere.org.
      Ce réseau est beaucoup plus axé sur la culture, le partage d’opinions et surtout la discussion. Je vous invite à tester si cela vous intéresse, il apporte une dimension supplémentaire à Facebook.

  4. Bonjour
    Je vous remercie infiniment pour cette affirmation, je suis tout a fait d’accord avec vous. FB est un moyen pour vulgariser des informations qu’on peut chercher nous même, selon le sujet qu’on choisit, nos amis et nos proches on peut rester en contact avec eux autrement…Sauf un seul avantage que d’autre réseaux et/ou des sites web n’ont pas pu atteindre, ou que les autres sites ne sont pas à la portée de tout le monde : ‘le fait de retrouver des amis d’enfances ..amis du primaires par leurs noms’ sinon FB n’apporte aucun vrai intérêt dans la vie d’une personne qui cherche à être d’un bon niveau intellectuellement..
    Ghita

  5. Bonjour à tous

    Très belle analyse de l’inutilité de FB de la part de Metalmaniac.N’oublions pas , que FB a été inventé par des américains pour des américains à la base…où seule l’utopie de la réussite compte. Prétendre, se montrer encore et encore, rester superficiel etc….
    Jean

  6. Méfiez vous du premier mouvement ! c’est le bon.
    j’hésite a pénétrer ce truc FB car je vois d’instinct que c’est une perte séche de temps et d’énergie .a lire votre article ,je suis rassuré sur mes positions.
    Buvons du thé et restons éveiller le cauchemar continue.

  7. J’avoue que je songe sérieusement à quitter Facebook parce que, justement, ca ne m’apporte rien mais aussi parce que je suis fatiguée de voir des post où les vies ont l’air parfaites. Cependant, je dois avouer que c’est utile pour rester connecter avec le monde.

  8. Je suis tout à d’accord mais moi je n’ai pas encore franchi le cap de supprimer mon compte !
    Peut-être que je suis un peu accro et pourtant je ne fais rien de particulier aimé des photos et autres, et discuter.
    Mais j’ai la sensation que si je supprime mon compte ( 7ans) je perds un peu tounes les photos que j’ai pu partager toute les conversations que j’ai eu.
    C’est bizarre non ?
    Je me tâte à le supprimer !

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